Amar Saïdani est une honte pour le F.L.N, عبدالله جاب الله يرفض مقابلته

Publié le par M.L.A Guendouz, محمد العيد أنس قندوز

Amar Saïdani est une honte pour le F.L.N, عبدالله جاب الله يرفض مقابلته

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Amar Saïdani, c’est tout avant tout l’histoire d’un grand malentendu et d’une falsification. Car si personne ne sait qui il est vraiment, c’est en partie parce qu’il n’existe pas dans l’état civil algérien. Son véritable nom se trouve, quelque part, dans la mairie de la localité d’Oum El-Araies, dans la province de Gafsa, au sud-ouest de la Tunisie. Son père, Mouldi Sadani, l’inscrit dès sa naissance en Tunisie, obtenant de facto la nationalité tunisienne. Son lieu de naissance pouvant être un handicap pour sa carrière, il le change en s’inscrivant à l’état civil de la ville d’El-Oued. Il modifie aussi son nom, devenu Saïdani. La falsification est donc totale. Le jeune Amar grandit dans la ville aux mille coupoles, entouré de ses frères et sœurs. Son père, Mouldi, retraité de l’entreprise d’Etat tunisienne qui exploitait la mine de phosphore d’Oum El-Araies, ne savait pas quoi faire du cadet de ses fils, éjecté de l’école primaire. Le petit Amar était trop turbulent et agressif pour que le système scolaire puisse le garder. L’établissement scolaire, qui ne pouvait plus gérer un mauvais élève, violent de surcroît, l’exclut en 5e année primaire. Se retrouvant ainsi dans la rue, le jeune Amar vécut de quelques larcins, communs aux gamins de son âge jusqu’à ce qu’il trouve une vocation : la musique. Contrairement à ce qui se raconte sur sa préférence pour la derbouka dont on dit qu’il était doué, c’est vers le chant et la danse qu’Amar se destine. Il est d’ailleurs devenu rapidement un danseur populaire. Maîtrisant parfaitement la danse du ventre, dont il fit sa spécialité, Amar devint une attraction des mariages populaires dans la région d’El-Oued. Un garçon ayant le déhanché des danseuses égyptiennes est une denrée rare. Mais sa carrière «artistique» ne se lança véritablement que lorsqu’il reprit le tube d’un artiste local (qu’il a privé des droits d’auteur au passage), intitulé «Min Taht Chibek Ghmazni» (que chacun traduira comme il veut). Sa «carrière» le poursuivit jusqu’aux couloirs de l’Assemblée populaire nationale (APN), après avoir été intronisé président de la chambre basse de notre pauvre Parlement. On le surnommait en effet le «drabki». Amar Saïdani, offusqué de ce surnom, se lança ainsi dans la chasse de son passé compromettant en créant une petite brigade à El-Oued pour récupérer et mettre à l’abri les clichés, les photos et les vidéos de ses prestations, le montrant en train de danser à l’égyptienne et pousser la chansonnette dans un accoutrement féminin. Usant de son statut de troisième personnage de l’Etat, Saïdani tenta par tous les moyens d’effacer la moindre trace de ses antécédents. Il s’est donné un mal de chien pour garder secret ce lourd fardeau que constituait son passé qui ne le prédestinait assurément pas à présider aux destinées d’une assemblée nationale ni encore moins d’un parti politique comme le FLN. Mais son œuvre était telle qu’il était difficile de tout faire disparaître. Il faut dire que quelques habitants d’El-Oued gardent toujours et jalousement ce type d’images rares qui valent de l’or de nos jours. Cacher sa «carrière artistique» ne suffisait pas pour gravir les échelons et atteindre le sommet de l’Etat, il fallait retourner à l’école. Sans diplôme, Amar savait qu’il ne pouvait rien faire. Comme le système éducatif ne voulait plus de lui, il recourra aux services de quelques «amis» devenus experts dans la contrefaçon et la fabrication de faux documents. C’est grâce à eux qu’il se fit délivrer un certificat de scolarité de terminale L afin de pouvoir passer le baccalauréat en candidat libre. Sans surprise, il essuya un échec cuisant. Frustré, Amar décida l’année d’après d’envoyer à l’examen un élève à sa place et obtint ainsi ce précieux sésame. L’histoire a fait le tour d’El-Oued à tel point que l’actuel SG du FLN a été, dès lors, surnommé «Amar al-djamei» (Amar l’universitaire). Roi de l’entourloupe et de la falsification, Amar Saïdani a ainsi réussi à tromper son monde (ce ne sera pas la première fois) en étant bachelier et diplômé sans avoir de traces dans aucun CEM ou lycée d’El-Oued. Mais ses «relations» à l’académie ont tenté de combler ce trou administratif.

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