Algérie, Une Assemblée nationale sans légitimité populaire, برلمان غير شرعي

Publié le par Laïd Sahari

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Les élections législatives se sont déroulées jeudi 4 mai, avec comme résultat le maintien du statu quo au niveau de l’Assemblée populaire nationale. L’alliance présidentielle FLN-RND, en compagnie des partis satellites faisant allégeance au pouvoir, continueront à avoir la mainmise sur l’hémicycle pour les cinq années à venir. Les partis politiques d’opposition pourront quant à eux se targuer de disposer d’une tribune, aussi petite soit-elle. Et surtout continuer à bénéficier de l’argent de l’État, ne serait-ce que les généreuses rémunérations et autres avantages accordés aux députés.

Sans surprise, les élections législatives auront été une nouvelle fois frappées par la fraude. Difficile à quantifier, cette fraude s’est matérialisée par des scènes de bourrages d’urnes et de falsification de signatures et d’empreintes. Du RCD au PT en passant même par le RND, plusieurs partis d’opposition comme du pouvoir ont dénoncé la fraude constatée dans plusieurs bureaux de vote. Comme les précédentes élections, ce nouvel « exercice démocratique » en ressort au mieux empreint de doutes, au pire fondamentalement souillé.

Quand bien même le résultat du vote n’ait miraculeusement pas été affecté par ces opérations de fraude, la question de la légitimité de la nouvelle Assemblée populaire nationale reste centrale. Le taux de participation aux élections législatives du 4 mai s’est en effet établi à 37% à peine. Ce taux s’établit seulement avec les électeurs inscrits, dénombrés à 23 millions de personnes. Quinze millions de personnes se sont abstenues de voter, ce à quoi s’ajoutent plus de 2,1 millions de votes blancs ou nuls représentant le quart des suffrages exprimés.

Le Parlement aura donc été « élu » par six millions de personnes, sur une population de quarante-et-un millions. Les députés mal élus qui seront appelés à voter systématiquement des lois imposant la rigueur budgétaire dans un contexte de crise économique majeure ne disposent aujourd’hui clairement pas de la légitimité populaire suffisante qui permettrait de faire passer des réformes douloureuses pour les citoyens.

Lorsque le moment viendra de payer l’addition salée de quinze années de mauvaise gestion de la rente pétrolière, les 62% d’abstentionnistes, les millions non-inscrits et deux millions ayant voté blanc feront entendre leur voix. Et ce qu’ils auront à dire ne sera probablement pas agréable à entendre pour le pouvoir dans sa quête de pérennisation.

 

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