Abderrahmane BELFEDHAL, ... l'élan est le meme et le souvenir est là ...

Publié le par Mohamed-Laid-Anas GUENDOUZ

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Ohé du navire, ohé du navire, l’écho se perdait au loin parmi les cris des oiseaux qui accueillaient en douce les premières méditations d’un poignant crépuscule aux couleurs fascinantes.images-copie-1.jpg

La pluie, depuis un moment s’en prenait aux fenêtres de la classe tout en s’amusant à marteler les carreaux couvrant par intermittence la vision enfantine partagée entre le son des syllabes et les hululements d’un vent qui s’amène tout frais pour annoncer les prémices des contes de tous les soirs.

Le vieux poêle a bois renouant avec ses bonnes humeurs et ses ronflements alimente par la grâce des buches que les arbres du village avaient offertes prenait à cœur joie les chuchotements qui avaient sombré dans le silence par un après midi d un été radieux.

Dans une ambiance ainsi vêtue, les enfants de la classe se préparaient pour faire entendre la voix du chant que les voiles, le gouvernail et les vents favorables vont porter a travers monts et récifs, s’adonnant pleinement au jeu infini avec les vagues mugissantes et le bleu interminable des mers et des océans.images--1--copie-1.jpg

Le petit navire aux habits dores, berce par les clapotis et la lueur des étoiles, contemplait les mouettes qui décrivaient des cercles encore visibles, s’amusant à rattraper au vol les signes du phare.

Ohé du navire, ohé du navire, l’écho se perdait dans le décor d’une nuit calme et profonde qui se confondait avec le monde.

Les fiers matelots acquis aux provisions aménagées dans la passion des voyages, emportes par l’élan d’une extraordinaire Ila hop ont toujours bravé les éléments et leur voyage n’a jamais été interrompu.

Le petit navire dans sa fierté et dans son insouciance n’avait jamais franchi le seuil de la classe.

Défiant les principes de la force et l’intensité des vents, les matelots plongeaient leurs mains au beau milieu des vagues propulsant espoir et courage aux voiles et aux rames magistralement colorées par la main pédagogue, superbement encadrées par la lunette le compas et le crayon du maitre qui réglait le poids et la mesure au rythme d’une cloche entièrement indépendante des baisses de tensions et des coupures de courant électrique

Fait de papier le petit navire n a jamais eu ni le temps ni les moyens adéquats pour faire un pas, alors que les matelots dans la peau des grands explorateurs poussaient l’audace d’aller un peu plus loin. Ils avaient regagné la terre ferme et ensembles ils ont chante :

Il était un petit navireimages--3-.jpg

Il était un petit navire

Qui n avait ja   ja   jamais navigue

Ohe ohe ohé

 

Petit navire des temps nantis nous y voila sur une infime portion de terre parmi les vestiges d un si vaste monde aux couleurs et aux richesses impénétrables.

Un monde a la fois puissant et vulnérable.

Nous y voila au beau milieu des cultures tant enrichies par les flux du savoir et des libertés mais tellement frustrées rigides et incapables de se libérer de leurs propres tenailles.

Un monde doté du pouvoir de juger et de faire respecter les lois, les dogmes et les coutumes mais tellement incohérent et fort peu convaincant quand une fois les intérêts s’arcboutent et se contredisent soutenus de bout en bout par un égoïsme aveugle a haute résonnance.images--4-.jpg

Un monde aux richesses pharaoniques mais bien incapable de se libérer du spectre de la famine, un monde qui aime se voir si haut jouant au plus fort degré

Avec les prouesses du génie des coulisses et la paix des braves, refusant sans cesse de regarder en face les risques réels qui le menacent jusque dans son existence

On multiplie les congresimages (5)

On diversifie les relations

On ratifie les traites et les accords

On garde l’œil bien ouvert sur une arme qui pulvérise une personne et on se vante pour avoir entre les mains une si belle arme capable de décimer une nation entière. Étrange, bien étrange est ce monde qui avait accueilli les matelots d’un matin d’automne et un chant qui accompagne les éléments d’un âge rêveurMarkouna5

Qui n avait jamais finit de se confondre avec le monde.

Autant de jours ont vu la nuit

Autant de nuits ont vu le jour

Et bien des années se sont éteintes

La pluie depuis un moment s’en prenait aux fenêtres de la classe.

Etre à l’école indigène ou à markouna l’élan est le même et le souvenir est là.

Toujours prêt à rejaillir, à rebondir liant à jamais le premier pas et la première sensation

Abderrahmane BELFEDHAL.

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