Hadj Daoud, Ain-dzarit, Rakb Sidi Saad.

Publié le par Mohamed-Laid-Anas GUENDOUZ

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   Durant la belle époque 60/70, Les habitants d’Ain-dzarit avaient adopté une tradition inoubliable.images--10-.jpg Celle d’organiser des Ziarates vers le trois saints de la région à savoir Sidi Saâd Enaâr, Mrabta Tourkia, et sidi Rabeh Boukabrine.               

                   Aujourd’hui je vais vous narrer la Ziara de Sidi-Saâd Naar. En principe elle a lieu au printemps et en particulier durant les vacances de pâques. Cette date minutieusement étudiée permettait au écoliers d-y participer. Si Ghaouel el Mokadem faisait du porte à porte afin d’informer l’ensemble des familles Ain-dzaritoise sur la date et l’heure du départ. On général c’était un lundi à 7 h 00 du matin. Le jour « J », le rassemblement avait lieu au derb à la sortie sud du village. Femmes, enfants et vieillards ponctuels se retrouvaient à l’endroit précité comme mus par une force invisible. Chacun ramenait avec lieu des provisions de route, faites de : M’besses « Galette de pain traditionnel » et du café épicé. L’indispensable « rouina » faite avec des dattes déclassées « Ghars » et l’eau étaient confiés a nous les jeunes.

                    images--14-.jpg  Le Signal de départ donné on partait avec une cadence qui permettait aux personnes malades et fragiles de suivre sans se fatiguer. En général la journée était ensoleillée. Nous qui étions chargés du port de la logistique avions également la responsabilité de veiller à la sécurité des Ziars et de les protéger contre l’attaque des chiens quant nous passions a coté des fermes.images--7-.jpgOn était très vigilant et rusés des l’approche d’un canidé il fallait se baisser pour le faire faire fuir ( ont respectait les animaux, jamais on ne leur jetait des pierres) En cours de route on entendait Ma El Alia El Haraguia et El Kahoudjia (les doyennes du village) chanter des madaihs du cru. De temps en temps des you you fusaient ça et là. Par moment un ancien nous racontait une anecdote qui nous faisait rire (cela détendait l’atmosphère et nous faisait oublier la fatigue). Quelques fois un jeune essayait de lancer une pierre contre une alouette mais il est vite rappelé à l’ordre par les vieux et menacé d’exclusion.

                     Cet incident clos, une halte est improvisée. Chacun s’élançait dans les champs « Jachères » pour cueillir des plantes naturelles comestibles, la plus recherchée c’était le « bouhendjouar » une plante aromatique au goût d’anis, le « Zidedoum »et le « Garne-Ejdi ». Qui avec un canif oû un fer plat s’activaient à faire le plein de ces trompes la faim. La pause durait un quart d’heure pas plus. Repus et ayant à moitié étanché notre soif on se remettait en route dans une procession simple et organisée avec une discipline sans pareil. Les vieux parlaient bessedik.jpgentre eux de la future moisson battage et de la disponibilité de la nourriture des animaux (moutons, chèvres et vaches). Les femmes faisaient part à leurs amies des problèmes communs. Dans la nature le chant des otolons et des calandres (oiseaux des champs) nous accompagnait avec des refrains doux et sécurisant. Par contre nous les écoliers on discutaient de nos résultats scolaires et chacun spéculait sur ses capacités. Soudain c’est la panique, un jeune venait de capturer un serpent « Karn-Egzal »il l’avait pris par la tête et poursuivait noun’œil ( Tahar le facto homme du village) Ce dernier qui avait une peur bleue des serpents pris ses jambes à son cou et détala comme un lapin en pestant et jurant contre le gamin .Tahar fut ramené par un de nos compagnons. L’auteur de ce trouble fut sermonné et sommé de relâcher la bestiole. la troupe se reformait et reprenait son chemin. Des enfants se poursuivaient en se faufilant parmi les aînés et faisait involontairement trébucher certaines vielles qui s’agrippaient à leurs compagnes pour ne pas tomber. Cette scène donnait un charme à cette pérégrination.

                   Tout à coup quelqu'un cria voila le Mausolée un cri de joie s’éleva de la foule, nous étions à un jet de pierre de la zaouïa. Aussitôt arrivé la procession se divisa en deux groupes , Les femmes se dirigèrent vers l’emplacement qui leur était réservés .Les hommes après avoir récité le fatiha auprès du tombeau de Sidi saad et fait des prières et des voeux au bon Dieu se dispersèrent chacun vers son coin. Les plus chanceux se trouvèrent une place sous les tombereaux et se laissèrent emporter par un sommeil réparateur.

                   En compagnie de Tarfaya Rabah et Adda, je suis allé à la rencontre de mon ami de classe Saâd petit fils du Marabout. Ensemble nous nous sommes rendus a l’oued Cheguiga oû nous avons taquiné le barbeau et fait trempette. Fatigués nous nous sommes endormis sous l’ombre d’un peuplier. Vers 11 h 00 on nous a réveillé pour déguster la « Berboucha » un plat de couscous très délicieux le tout suivi d’un aromatique café noir. Rassasié on est partis chacun de son côté. Des jeux ont été improvisé de cache cache a la Zlibha , Sigue et autres ; Chacun trouvait son plaisir.images--12-.jpg

                  A 16 H00 on s’est regroupés autour de Si Mohamed ould Cheikh ‘Allah Yerhamou’ ou nous avions assisté à la bénédiction de tous les Ziars. afin d'entamer le retour dans de bonnes conditions, un café aromatisé avec du kholdjelan et du poivre noir moulu accompagné de la rouina nous fût offert. La Cérémonie terminée Si Ghaoual a donné le signal du regroupement. Après avoir pris congé du fils du Marabout et de sa famille et comme au départ nous avons entamé le retour dans la discipline à pas cadencés sans aucune halte afin de rejoindre notre cher Village avant la tombée de la nuit.

                  Arrivés à Ain-dzarit, fatigués mais satisfait, nous nous sommes dispersés non sans oublier de nous donner rendez-vous pour la prochaine Ziara. Cet événement qui n’avait nécessité ni dépense, ni moyens matériels coûteux, nous avait permis de passer ensemble des moments agréables et inoubliables sans incident et dans le respect total. Ce qui pourrait être noté c’est que l’encadrement des adultes était pour nous un cours d’éducation permanent durant cette journée et que nous ne sommes pas prêt d’oublier de si tôt. Cet événement qui resta gravé dans nos mémoires éternellement, Il servira de sujet de discussions durant les chaudes soirées d’été ou tous les faits seront remémorés, soit la nuit sous le lampadaires face à la mairie autour de nos aînés que nous respections énormément ou pendant le jour à l’école pendant les récréations.

Hadj GHALI Daoud

 

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