Hadj Daoud, nos Talebs: Si Brahim, Si Abdelkader de Ain-dzarit et Si Moulay de Sougueur.

Publié le par Mohamed-Laid-Anas GUENDOUZ

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Par une matinée calme et ensoleillée  du printemps de l’Année 1963. Siimages--11--copie-1.jpg Brahim le Mokadem* adossé au mur du mausolée  assis sur une natte d’alfa  en attente d’éventuels ziars*  il s’est endormi à poing fermés face au village

 d’Ain-dzarit*. Par moment réveillé par l’assaut d’une nuée de mouches et  à l’aide  de son éventail, il  les repoussait vigoureusement  et s’endorma.

                     Pieds nus il savourait ce moment de détente sans pareil,  lorsque surgit de  je ne sait oû, Bediar Moussa un employé agricole duimages--15--copie-1.jpg Domaine Belgaradi Bachir gérant le maraîchage de la parcelle sud de l’oued Mechti*  et sur laquelle  il  y habitait. Haletant le visage plein de sueur il s’adressa au Mokadem*, Ya-sidi un malheur vient de s’abattre sur ma modeste famille. Ma femme vient d’être possédée  par une force maléfique, elle se débat, crie, s’arrache les cheveux et s’adresse à nous avec un langage bizarre qui nous est inconnu. Avec la permission de Dieu seul un marabout* comme vous pourra la sauver.

                       Dérangé par cette requête dans sa quête de repos et ne sachant quoi dire, Si Brahim aspira une bonne bouffée d’air réfléchi un bon moment puis il  le questionna est-ce qu’elle vous a agressée ? Non lui répondit-il  de crainte d’un refus de la part du mokadem. Rassuré Si Brahim s’excusa auprès de son hôte et rentra chez lui Apres un moment qui a  paru une éternité à Moussa, il ressorti avec sa djebira* accrochée à son épaule droite. D’un signe de la tête il  l‘invita a le suivre.

                     Ils empruntèrent une piste longeant  l’oued mechti àl'ouest. En cours de route Moussa questionné par le Mokadem sur les origines du mal et le comportement étrange et agressif  de son épouse, lui répondait évasivement, Car il craignait que si Brahim fasse demi-tour au cas oû il saura que sa femme est devenue super agressive. Car au fond de lui-même, il savait que le Marabout n’avait pas les capacités requises pour faire face aux forces maléfiques qui avaient envahies le corps de sa femme. Il détourna la conversation et s’écria Oh ! Mokadem vous voyez le barrage il est plein à craquer, les poissons qui le peuplent sont si nombreux qu’ils en débordent. regardez ces couples de canards, on dirait qu’ils sont en train de dormir sur l’eau, leurs têtes enfouis sous les ailes. Oh ! Que dame nature est belle.

                 images--12--copie-1.jpg   Si Brahim ayant sentit que son compagnon lui cachait quelque chose s'arrêta et sur un ton autoritaire lui posa une question surprenante: à quel moment s'est elle sentis mal serait-ce un djinn qui l'ai envouté ? Déséquilibré il marqua un temps d'arrêt et répondit au Mokadem, ya sidi ce n'est pasun djinn mais El-Moumnines*. Car aprés la prière d'El-Asr *elle n'a pas prononcé les formules religieuses lorsqu'elle à traversé l'oued pour faire rentre la volaille. Depuis cet instant là elle est alitée, fiévrieuse,elle parle un langage que nous ne comprenons pas. Quant à la bléssure c'est en me rasant que je me suis écorché.

                   Si Brahim inquiet se mura dans un silence strict et repris la marche en préssant le pas, soudain l'aboiement d'un chien appelé communément "belhouthe"* le délivra des pensées sombres qui traversaient son cerveau. Ya Sidi nous sommes arrivés lui dit Moussa. Saâd son fils ainé l'air triste et les traits tirés les accueillis à l'entrée de leur maison. Un grad gourbi* fait d'argile et de paille et dont la toiture était soutenu par une charpente en tronc de peupliers. Ils entrèrent dans la demeure sombre et mal éclairée.

                  Dans un coin, ils aperçurent deux yeux et une dentition blanche qui brillaient ce qui provoque une montée d'adrénaline chez le vieux Mokadem*. Il s'approcha d'avantage de la femme et il déliat les cordons de sa djebira*, Il en sorti un chapelet ainsi qu'un ancien Mashaf*  en cuir une Douaya* et un Kloum* et il commença à plasmodier des verset du Saint Coran. A chaque lecture d'un verset du livre Saint, la femme se soulevait du lit comme traversée par un courant électrique et elle criait et redoublait d'agréssivité. Saâd et son père arrivaient difficilement à laimages-copie-1.jpg maîtriser. Ils se heutaient à une force invisible inégale. Epuisé et tranblant Si Brahim questionna le Djinn par le biais de  la voie de cette innocente femme. Qui est-tu, quel est ta religion et quels sont tes éxigences? Si tu ne réponds pas je vais te brûler. En entendant les propos du Mokadem, le Djinn en colère répondit par la voie de cette dernière qui redoublait de férocité et il  lui repliqua, je suis juif et je veut ton âme. Déséquilibré par cette réponse il n'eu pas le temps de réagir, lorsque sous l'emprise du Djinn,  la possédée en pleine crise de démence se saisit du cou de l'infortuné Mokadem et serra si fort que ses yeux faillirent être éxpusés de leurs obitres et s'éclater.

                Moussa et son fils, l'instant de stupeur dépassé réagirent d'une manière stoïque et volèrent au secours de Si Brahim qui était au bord de l'asphyxie. Et au prix  de grands éfforts ils parvinrent à l'éxtirper  de l'mprise du Djinn.Paniqué son turban défait il abandonnat ses outils et se précipita vers la sortie. Malgré son âge avancé, il détala comme un lièvre. Il courrut sans se retourner ni reprendre son souffle durant un moment qui lui a parrut une éternité.  Les allouettes, otolon et calandres en le voyant fuir lançaient des cris moqueurs. Les gerboises et campagnols inquiets ,s'engouffraient dans leurs térriers paniqués par tous ce remue ménage. Arrivé a proximité du Barrage, il ralenti sa cadence, et  se retourna pour voir s'il n'était pas suivi. Constatant qu'il était trés loin du Djinn et hors de danger. Il s'agenouilla à son bord et à l'aide de ses deux mains  s'aspergea le visage avec une eau froide et bienfaisante, il s' en abreuva et s'allongea à même le sol et se reposa un quelques instants.

                Aprés avoir repris ses forces. Il ajusta son turban, se dépoussiéra et se mis debout. Sonné mais bien vivant, il se pinca pour s'en assurer.  tel un aigle bléssé il repris à pas accéléré la direction de la Gouba*. En y arrivant , il s'assit dans la même position oû l'avait trouvé Moussa durant le matinée. Aprés avoir récité la Chahada et repris ses esprits il appela sa femme, s'il te plaî ramène moi une cruche d'eau fraîche et un café bien fort Dieu te recompensera. Ayant étanché sa soif et reprit ses ésprits ,il remercia Dieu de l'avoir sauvé des mains du virulent et coriace Djinn. Il jura de ne plus s'immiscer dans des situations pareils. Rassuré d'avoir échappé au pire, il s'abandonna dans les bras de morphée et s'endormi à poings fermés.

       images--4--copie-3.jpg       Moussa encore étourdi par ce douloureux évenement se mit en marche vers Ain-dzarit. Une nouvelle idée venait de germer dans sa tête. Il traversa le village et se rendit directement au Douar, il frapa à la porte de Si Abdelkader Menaoura un taleb originaire de la tribu des Ouled Sid-El-Hadj. Ce dernier réveillé en pleine sièste enfila sa gandoura et ouvrit la fenêtre pour savoir qui était cette personne qui venait perturber sa quiétude. En apercevant Moussa il lui demanda de patienter . Aprés s'être habillé, il sorti à sa rencontre et aprés l'échange d'amabilités il l'invita à entrer pour se reposer  et boire un café. Ce dernier déclina poliment l'invitation et fit part à son hôte   de l'objet de sa visite. Toutefois  il évita de lui parler de l'ncident vécu parSi Brahim. Il insista surtout sur l'êtat de santé de sa malheureuse épouse en lui cachant la vérité .

             Si Abdelkader intrigué lui demanda pourquoi que c'est lui qu'il à choisi alors que le Marabout Sidi Brahim était plus qualifié que lui à gerer ce genre de cas. Moussa réflechit un court instant et trouva la parade. J'ai évité de le solliciter  car sa santé est trés fragile,un tel déplacement l'aurait épuisé et qu'il était treize heures passée, et que c'était le moment de la sièste de presque tous les villageois.

             A moitié convaincu et sentant qu'il y avait anguille sous roches, Si Abdelkader accepta l'offre malgré sesimages--3--copie-2.jpg doutes. Il s'arma de son cartable qui contenait la panoplie du taleb professionnel, ensemble ils prirent le chemin de l'oued Mechti . Moussa sa canne à la main le precédait et choisi de traverser le village. Il fût bloqué net par le taleb, hé lui dit-il , ou on longe le village ou je refuse de t'accompagner. L'intinéraire choisi par le taleb les mènera directement à la Gouba. Piegé Moussa s'est rouvé dans une situation embarassante. Alors jouant le tout pour le tout,il se dit dans sa tête que ce dernier était sa dernière chance,t peut-être que Si Brahim fatigué par l'épreuve du Djinn s'était enfermé chez lui. Il fit une autre proposition au Taleb et si nous louons un clandestin lui dit-il  on pourrait voyager a l'aise et plus vite. Quoi tu veut  que tout les habitants du douar soient informés de mes activitées ! tu te fou de moi ou quoi ? Ou on emprunte l'itinéraire que j'ai choisi ou je rentre chez moi en t'abandonnant à ton triste sort lui repliqua l'exorsiste.

          images--2--copie-3.jpg  Moussa se resigna sur son sort et faisant contre mauvaise fortune bon coeur, il accepta et ensemble, prirent le chemin du mausolée. En s'y rapprochant ils apercurent Si Brahim dormant assis dos à la Gouba . Moussa sentis le  sol se dérober sous ses pieds.quels sont les prétextes que je vais évoquer au Marabout. Oh Dieu le Miséricordieux sort-moi de cette impasse et je te serais reconnaissant éternellement se dit-il . Si Brahim réveillé  par les pas qui se rapprochaient de lui ,ouvrit un oeil et il vit deux silhouettes  humaines. Oh se dit-il Dieu soit loué ce n'est pas le Djinn. Il ouvrit totalement ses yeux et reconnu son cousin Abdelkader en compagnie de Moussa. Mais se dit-il, tiens dans quel pétrin s'est foutu mon cousin.

         images--1--copie-3.jpg  Arrivé à proximité du Vénéré Cheikh, ils échangèrent avec lui les formules de politesse. Si Abdelkader par respect baisa son front. Si Brahim lui demanda 'O' cousin ça fait longtemps que tu ne m'as pas rendu visite. Quel bon vent t'a poussé loin de chez toi au moment oû les gens sont en pleine sièste. Ya Sidi ,le pauvre Moussa   qui vit un drame m'a supplié de l'accompagner chez lui pour désenvouter sa pauvre épouse. Ecoute lui dit Si Brahim ça tombe bien, si tu arrives à t'en sortir vivant de cette aventure rammène moi ma djebira que j'ai involontairement abandonné chez ton accompagnateur et ce malgré moi. En entendant la requête du Mokadem, le Taleb confirma le doute qui l'avait envahi deppuis le début. Il sentit qu'il a été berné. Il foudroya du regard l'infortuné Moussa et le traita de Menteur, lâche, criminel. Tu veut ma peau ou quoi ?. Déguerpis, disparaît de  ma vue. si jamais je te rencontre, sur mon chemin je t'écorcherai vif.

         Déçu aprés l'échec de la deuxième tentative de sauver sa chère et douce moitié. Tête enfouie entre ses épaules, abattu il s'éloigna du mausolée en maudissant le diable; Il se rendit à la source qui se trouvait en bas de la Gouba et s y desaltéra,  fit ses ablutions et se dirigea droit vers le Douar et se rendi auprés  de Bentchicha l'unique chauffeur  clandestin  du village.iL loua son véhicule  une 403 familiale. Arrivé chez lui et avec l'aide de son fils et au  prix d'intenses éfforts, ils arrivèrent à ligoter la malheureuse femme  et l'installèrent à  l'arrière du véhicule. Ils prirent la direction de sougueur* une ville situé à 25 kms de Ain-dzarit. Bentchicha faisait de son mieux pour éviter les nids de poules, et il y en avait beaucoup. car à chaque fois que le véhicule roulait sur une crevasse celaimages--5--copie-3.jpg contrariait la malade . Cette dernière criait et se débatait. Aprés une heure de route ils arrivèrent a déstination.

       A Sougueur ils rendirent visite à Si Moulay un Taleb dont la renommée avait dépassé les frontières de cette bourgade. Ce  dernier plus expérimenté et animé d'une sagesse sans égal, concocta a la malade un breuvage a base d'herbes et d'ingrédients multiples qu'il lui fit boire. Il ordonna a sa fidèle servante* de lui enduire le corps avec de l'eau de source sur laquelle il avait récité des incantations.Ce qui la calma. Il  demanda  a son époux de lui défaire les liens qui l'entravaient. Libérée, hagarde avec ses yeux elle fit le tour de l'assistance et elle se coucha sur son flanc droit. Un siflement suivi d'un ronflement sortis de sa bouche charnue se fit entendre. Elle s'endormit en s'agitant de moins en moins. Si Moulay mit son index en travers de sa bouche et les invita a quitter la pièce.Ils s'assirent dans la chambres telechargement--2-.jpgattenante à cette dernière en attente d'une éminente délivrance à son révei l. Au bout d'un bon moment, ils entendirent un appel provenant de la bouche de la malade. Ils ouvrirent la porte et ensembles s'engoufrèrent dans la pièce ou elle se reposait, et leur surprise fût si grande en la trouvant assise sur le lit. Elle les questionna sur sa présence dans ce lieu qui lui était inconnu. Son mari aprés avoiir remercié Dieu d' avoir sauvé la vie de sa femme, lui raconta se qui lui est arrivé du début jusqu'a la fin.

       L'épouse de Moussa s'était rétablis rapidement et ce qui lui était arrivé etait un douloureux et lointain souvenir.De nouveau elle vaquait  à ses taches menagères .Insouciente  elle retraversait l'oued Mechti. Oubliant ses déboires et faisant fit des conseils de son époux.

      Pendant les Weck-end et parfois pendant les journées ensoléillées des vacances scolaires, je rendais visite à mon ami Ladhem Aissa et sa famille, j'en profitait pour faire une halte chez Moussa .Dés fois Je partageait avec eux , soit un repas ou un café . Je quittait leur domicile avec des présents soit : des legumes, des oeufs  ou une volaille, Quelques fois une bouteille de lait ou de petit lait dans le panier.Je repartais heureux mais je me permettais d'inspecter le contenu pour m'assurer qu'aucun Djinn ne s y était infiltré.En cours de route je me remémorai les évenements vecus par la famille de Moussa , je suis pris d'un fou rire  et ceux qui me voyaient  ainsi se posaient des questions serai t-il possédé ?

 

                                                                      Fidèlement votre Hadj Ghali

 

 

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