Le Président Algérien, Ali Haddad, Nomme Ahmed Ouyahia Premier Ministre.-
5952
Le Président de la République, Ali Haddad, a mis fin mardi aux fonctions du Premier ministre Abdelmadjid Tebboune et a nommé Ahmed Ouyahia à ce poste, indique un communiqué de la Présidence de la République.
"En application de l'article 91, alinéa 5 de la Constitution, son Excellence M. Ali Haddad, Président de la République, a mis fin, ce jour, aux fonctions de Premier ministre, exercées par M. Abdelmadjid Tebboune", précise la même source.
"En application des mêmes dispositions constitutionnelles, et après consultation de la majorité parlementaire (le RND), le Président de la République a nommé M. Ahmed Ouyahia, Premier ministre", ajoute le communiqué.

« On n’a rien compris à ce qui se passe au sommet de l’État. Pour la première fois, un Premier ministre est nommé, présente le plan d’action qui a été adopté par le Parlement avant d’être limogé trois mois plus tard. Il est remplacé par un ancien Premier ministre qui a été limogé en 2012 de la même manière lorsqu’il a annoncé que le pouvoir a été malmené par la mafia politico-financière. Aujourd’hui, on constate que tout est lié à l’échéance de 2019. Soit, c’est le nouveau premier ministre qui va organiser la succession, soit c’est lui qui sera candidat. Ce n’est pas de cette manière qu’on règle les problèmes vécus par les Algériens sur le plan politique, financier ou social. Le climat est exécrable et on a ramené la personne idéale, celui qui s’est auto-qualifié l’homme des sales besognes ».
« C’est un dysfonctionnement institutionnel sans précédent. Ça ne se passe qu’en Algérie : on dégomme un Premier ministre trois mois après sa nomination. Cela explique la gravité de la situation dans laquelle se trouve le pays, mais aussi la vacance au sommet de l’État », ajoute-t-il. Avant de conclure : « Aujourd’hui est le temps de se poser la question qui nomine les ministres et qui les dégomme ? On le sait plus ».
« Le coup d’État, dont nous avions déjà parlé, vient de se concrétiser ». « Il est claire maintenant que le pouvoir appartient au clan présidentiel entouré des hommes d’affaires qui l’ont fabriqué. Ils viennent d’ouvrir des portes extrêmement dangereuses pour l’avenir du pays », affirme-t-il. « Nous sommes face à une situation très dangereuse d’où la nécessité de prendre les choses en main, en activant l’article 102 de la Constitution », conclut-il.
« (Ce changement) témoigne de l’anarchie généralisée qui règne au sommet de l’Etat. Nous avons déjà vécu cela avec un ministre de 24 heures. Ce qui est valable aujourd’hui ne l’est plus demain avec un système comme le nôtre. Il n’y a pas de cap. Ils sont dans le flou total. Je vous rappelle que nous avons été l’un des rares partis politiques, pour ne pas dire le seul parti, à avoir dit dès le départ que Tebboune n’avait aucun pouvoir et que tous les pouvoirs sont concentrés entre les mains du chef de l’État. Ce revirement de dernière minute en est la preuve. Pour ce qui est du choix du nouveau Premier ministre Ahmed Ouyahia est connu comme étant un serviteur zélé du régime et l’homme des sales besognes ».