Alain LAINE : Ain-dzarit se souviendra toujours ...

Publié le par Mohamed-Laid-Anas GUENDOUZ

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" ... un certain jour du mois de Juillet 1961, alors que nous jouons, moi-meme, Lakhdhar Zemmem et 03 ou 04 autres camarades dont j'ai oublié les noms, sur notre "territoire" mais en face de la maison de Tavernier (tafirna), ce dernier, ne supportant pas le bruit que nous faisions, parait-il, nous "ramassa" tous, et tout enfant indigène se trouvant sur son passage, et nous amena066 devant la mairie, nous étions à peu près une dizaines d'enfants, âgés de 11 à 13 ans, tous en guenilles et pieds nus, il entra et nous laissa sous la garde d'Alain LAINE, le fils du maire qui est venu le rejoindre. Quelques instants après, il ressortit, après avoir obtenu l'accord du maire Albert LAINE pour le nettoyage du stade de foot-ball??!!

Nous voilà donc devant le stade qui se trouvait au sud du village, ses abords étaient pleins de mauvaises herbes
épineuses et sèches. Tavernier nous ordonna de les enlever toutes, sans autres outils que nos petites  mains frêles  ,il partit et nous laissa sous la garde du fils du maire, Alain LAINE, promu gardien-chef. (ci-contre: Albert et son fils Alain à cette époque, ci-dessous Alain, maintenant, s'affichant ...).

270391 1962257088385 3644145 nAprès avoir enlever toutes les folles herbes épineuses, nos mains étaient toutes en sang, Alain nous regardait, impassible, comme s'il jouissait de nous voir dans cet état, voyant que nous avons terminé l'arrachage, il nous ordonna d'en faire une meule et de la tasser avec nos pieds.

C'est ce que nous fîmes, nous avions tous les pieds en sang du fait des épines qui nous transperçaient.

A un moment donné, Alain m'appela à l'écart et me dit: " La meule est loin d'etre tassée, si tu veux t'épargner ce supplice, fait à Lakhdhar ZEMMEM (...) et je te laisserai partir". C'est ce que j'ai refusé. Plutôt mourir que de manquer de respect à mon ami Lakhdhar. Alain, en colère, m'ordonna de monter sur la meule d'épines et de sautiller. C'est ce que je fis avec dignité. D'ailleurs, nous tous, avons subi cette torture avec grande dignité.

Le moment de nous laisser partir étant venu, Alain, très en colère, au lieu de nous laisser prendre directement le chemin du stade vers nos maisons, il nous ordonna de prendre la rue principale du village. Suprême humiliation, car nos habits étaient déchirés et nos pantalons rafistolés avec du fil de fer ..." 

 

Cheikh BENZINEB.

 

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