Driss, poussières de Juillet de Kateb Yacine.

Publié le par Mohamed-Laid-Anas GUENDOUZ

Driss Ghali 

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POUSSIÈRES DE JUILLET

 

 

Le sang

Reprend racine

Oui

Nous avions tout oublié

Mais notre terre

En enfance tombée

Sa vieille ardeur se rallume

 

Et même fusillés

Les hommes s’arrachent la terre

Et même fusillés

Ils tirent la terre à eux

Comme une couverture

Et bientôt les vivants n’auront plus où dormir

 

Et sous la couverture

Aux grands trous étoilés

Il y a tant de morts

Tenant les arbres par la racine

Le cœur entre les dents

 

Il y a tant de morts

Crachant la terre par la poitrine

Pour si peu de poussière

Qui nous monte à la gorge

Avec ce vent de feu

 

N’ enterrez pas l’ancêtre

Tant de fois abattu

Laissez-le renouer la trame de son massacre

 

Pareille au javelot tremblant

Qui le transperce

Nous ramenons à notre gorge

La longue escorte des assassins.

                Kateb Yacine

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