un sujet partagé par tous les humains-le reve- (10)
Quant à la troisième instance, c'est évidemment le "moi ".
Le mot prete à ambiguité car dans la conception psychologique classique le " moi " est l'incarnation de la personnalité psychique ; alors que pour Freud il n'en est qu'une partie. Non parce que Freud l'ampute d'une partie de son sens, mais parce que la personnalité psychique telle qu'il la conçoit est plus riche de ses instances inconscientes. Le moi c'est en nous le système de la conscience. " La conscience, dit Freud, est le noyau du moi." C'est lui qui perçoit, controle et intègre les informations, commande et controle la vie de relation, ordonne et controle les différents processus mentaux. Mais le pauvre moi " est soumis, dit encore Freud, à une triple servitude et de ce fait menacé par trois sortes de dangers : celui qui vient du monde extérieur, celui de la libido et du ça, et celui de la sévérité du sur-moi ". Ou les choses se compliquent c'est que, si le moi est par définition conscient, une partie de lui est quand meme inconsciente.
Ce mot d'inconscient(e) que nous venons d'employer plusieurs fois, que représente-t-il ?
adjectif, il n'y a pas de difficulté : c'est la qualité contraire de ce qui est conscient. Le mot caractérise donc les faits psychologiques qui échappent à notre connaissance. Mais si le mot ne pose pas de problème, le fait lui est plus étrange. Prenons un exemple qui n'a que des rapports un peu lointains avec le reve mais qui est particulièrement frappant : celui de l'écriture automatique. Elle s'obtient facilement chez les patients hystériques. On suggère à un sujet que son bras droit est anesthésié. Il ignore tout ce qui s'y passe. Le médecin, tout en distrayant le patient, cache le bras anesthésié par un écran, insère entre les doigts un crayon, amène la main sur un bloc de papier et lui imprime quelques mouvements suggérant l'écriture. Et la main se met à écrire. Dans les expériences les mieux réussies, le sujet, tout en parlant normalement avec le médecin, peut écrire plusieurs pages de suite sans que le texte, parfaitement cohérent, n'ait aucun rapport avec ce dont il parle. Ce texte peut faire allusion à des souvenirs, etre une création poétique originale, ou meme etre un raisonnement scientifique comprenant des calculs mathématiques. Et de tout cela, le sujet ne prendra conscience - avec étonnement - qu'en le lisant. Il existe donc chez lui un double capable de penser à son insu.
Chez nous aussi. Quand brusquement surgit dans notre esprit une réponse que nous cherchions depuis longtemps, la solution d'un problème, une partie de nous - inconsciente - a pensé à notre insu.
à suivre...
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