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Abderrahmane Belfedhal, El-Hanoute, Sougueur, Ain-dzarit.

Publié le par Mohamed-Laid-Anas GUENDOUZ

abderrahmane-copie-1.jpg6027-ain-bessem-l-epicerie-centrale.jpgWech naatilek ya weldi ?
Habba meska ya ammi .
Habba globo ya ammi .
Par la tendresse et la main de petit enfant,
par la grasse des nuits et des jours qui s’envolent  paisiblement, baignant dans les aromes du livre des temps, rehaussant le blason d’il était une fois , nous allons d’ici peu reprendre le chemin des cartables en bandoulière.
Chemin faisant, on prenait grand soin de serrer nos poches afin de s’assurer que le fabuleux doro est bel et bien portant.
Nous y voila face au grand bazar, le bazar du bonbon caramel, du coucou et du chewing-gum globo.
Si ahmed, usant de ton expression, nous accompagnerons le berceau commun jusqu’à  la 8-BAL_267383.jpglimite du bon accueil.
Wech naatilkoum yawladi ?
Habba meska, habba nougua, wahda rigliz.
Ya ammi ya ammi …..il ya de cela plus de cinquante ans.
les hanoutes offraient dans leur modestie le quart de pain, le quart de lait de vache, le petit gloria compagnon Fidel et serviteur infaillible du diner de tous les soirs : le fameux taam, ce grand couscous traditionnel.
 Enfant, avec mes yeux de petit client, souvent je portais mon regard sur une étrange bande imbibée de quelque chose de collant qui, suspendue au plafond, sans crédit aucun, arpentait les espèces volantes hasardeuses et imprudentes.
En s’approchant pour y gouter de cette pate brillante, les ailes et les pattes s’immobilisaient sans appel. Le redoutable attrape-mouches apposait avec force le cachet de la marque déposée.
Le hanoute de ammi aek vivait sa tranche de vie en exposant fièrement une illustration fort     remarquable.
Suivons de prêt le dessin et l’énoncé.
Un commerçant gai et souriant, assis sur une chaise à l’entrée du hanoute, tenait par la main droite une tasse de café fumant tandis que la main gauche acquiesçait l’emblème de la bienvenue.
Une dame soigneusement enveloppée dans son haik, portant un couffin garni de denrées alimentaires s’apprêtait à sortir du hanoute.
Ammi aek par la manière la plus civile annonçait la couleur : Au comptant toujours content, je vends des produits de marque.
Approchons-nous davantage du dessin et de son énoncé.epicerie-boulangerie-chambry.jpg
Changement de décor : Cette fois-ci l’on est en face d’un commerçant aux cotes visibles a l’œil nu Il dégageait des poches cruellement vides, laissant à l’abandon des étalages en désarroi  entièrement assiégées  par les toiles  d’araignées. Au seuil  de la porte, un pauvre chat en quête d’illusions évanouies pointait sans grand espoir de trouver une quelconque petite chose à mettre sous la dent.
Le hanoute par la manière la plus désolante criait sur tous les toits du village "a crédit pas un radis"
L’écho par la façon la plus rigide se faisait entendre terne et impassible :" il vendait des produits anonymes".
Enfant, perdant de vue le sens et la portée de cet énoncé, bien souvent la bouche bien callée dans un joli globo, je courrais tout en chantant :"au comptant toujours content, a crédit pas un radis, la la la la, a crédit pas un radis, au comptant toujours content"
L’illustration découvre enfin l’objectif tant convoite
Spigol spécialité aromatique algérienne
Poivre, girofle, cannelle, cumin, muscade, vanille piment rouge, quatre épices et vanilline
Ammi aek baignant dans la quiétude affichait les produits avec le prix d’achat et le prix de thumbnail--2-.jpgvente.
On y trouve en sus de l’alimentation générale, du pétrole, de l’alcool a bruler, du charbon, de l’huile d’olive, de l’huile en vrac, de l’huile Lesieur avec en prime une assiette en verre, des aiguilles pour coudre, du café nizière, des piles mazda, des piles Wonder qui ne s’usent que si l’on s’en sert, des aiguilles pour déboucher le réchaud à pétrole made in USSR, du bonus avec ses surprises, de la tomate concentrée servie à la boite ou à la cuillère selon le besoin exprimé. Le tout emballé dans le meilleur accueil.
Avec un doro, on est partie prenante pour un succulent caramel.
 Je vends des produits de marque
Il vend des produits anonymes
Le monde de nos jours vit une époque de grande avancée dans les domaines de la science, de la technologie et de la performance.
Le monde de nos jours vit dans les mêmes conditions une autre avancée dans le mode des ventes et des achats, balançant sans répit, entre deux nébuleuses rivales, aux facettes multiples.
Deux concurrents de taille, deux géants dans les spots et la sponsorisation, entièrement disponibles là où le besoin se fait sentir. je vends des produits de marque.
il vend des produits anonymes
Le monde de nos jours vit le spectre de la limitation sans bornes .
Un constat et un verdict qui nous reviennent depuis les ages enfantins.
Il faut bien croire que l’enseignement était en avance par rapport à son temps.thumbnail--5-.jpg
je vends des produits de marque
il vend des produits anonymes
En regardant encore une fois le facies de cette époque révolue
avec une note de fierté j’étale ma plume et celle de tous les temps glorieux sur les deux commerçants et la femme au haik.
leur dénominateur commun étant l’habit traditionnel
Ils relèvent d une grande marque déposée
En évoquant la saga des hanoutes, on se rappellera toujours cette relation en or qui existait entre les ammi et les wladi, une relation qui en tout temps s’est inspiré des fondements propres d’une société bien distincte.
L’émancipation, le bien être et le confort constituent un atout majeur leur  implication dans la vie de tous les jours nous renvoi sans réserve au patrimoine légué par les anciens, par les ammi, par les wladi et par ces merveilleux bazars qui ont accompagné nos sensations mesurées aux tintements des doros et les anciens francs.
Wech naatilek ya weldi?
Habba meska ya weldi.
thumbnail--3-.jpgHabba globo ya weldi.
Ya hasrah alik ya hwenti  tu ne cachais point ta kanaa.
Une auto satisfaction acquise depuis des lustres tirant sa révérence d’un environnement simple mais fort bien soudé.
Ammi said   ammi salah   ammi zambli    ammi aek    ammi sadek ammi    ammi       ammi   de nos jours beaucoup de choses ont change.
La kanaa s’est enlisée dans les sables mouvants de la concurrence déloyale et  l’enrichissement sans cause.
Nos enfants s’expriment encore en terme de doro sans avoir eu l’occasion de l’avoir touche ou gardé en poche.
Un doro plus un doro et neuf fois sur dix sbah el kheir si lahcene bonjour monsieur koucou et voila le bonheur a portee de mains  
Un clin d’œil fraternel en direction du berceau commun soutenu et entretenu par deux petits enfants si doux :
si Laid,
si Ahmed,
Belfedhal Abderrahmane.

Driss, Benhamouda, Martyr de la Démocratie.

Publié le par Mohamed-Laid-Anas GUENDOUZ

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le-regrete-abdelhak-ben-hamouda-le-vrais-syndicaliste.jpg 

Abdelhak Benhamouda, Martyr de la République Né à Constantine, prestigieuse cité d’histoire et de culture et haut lieu de la résistance, Abdelhak Benhamouda est issu d’une famille modeste, attachée aux valeurs profondes de son pays que ses proches, et particulièrement son père qui était imam, lui ont inculquées. Opiniâtre et travailleur acharné, A. Benhamouda a entamé une carrière d’enseignant dans laquelle il a rapidement évolué pour devenir directeur d’école dans les débuts des années 80. Il a très tôt ressenti les ravages occasionnés par l’injustice, les passe-droits et les pratiques néfastes d’une administration locale tatillonne, bureaucratique et inefficace. Désireux de s’impliquer concrètement dans la vie sociale, il s’est tourné tout naturellement vers l’action syndicale qui lui offrait la possibilité de contribuer à l’amélioration des conditions de vie et de travail de ses compatriotes. Affilié à la puissante Fédération de l’éducation, il montra des qualités de leader respecté des ses camarades et porté au dialogue et à la négociation. Il gravit rapidement les échelons de l’organisation syndicale pour en devenir en juillet 1990 le Secrétaire général. A. Benhamouda est arrivé à la tête de l’UGTA dans un contexte de crise économique, de changements qualitatifs profonds qui touchèrent toutes les sphères d’activité du pays. Il s’est fortement impliqué dans la défense des fondements républicains de l’État, aux prises à partir de 1991, avec la menace de stabilisatrice du mouvement islamiste. L’Algérie était meurtrie par les massacres perpétrés par les groupes terroristes et il fallait beaucoup de courage, face à ce danger, pour affirmer haut et fort la nécessité de maintenir le cap sur la démocratisation du pays. Ce fut le défi lancé par A. Benhamouda pour faire face à la montée du péril intégriste. On l’accusa bien à tort d’avoir fait de l’UGTA un instrument politique ; il s’en défendait toujours en affirmant qu’il avait comme conviction et comme but la sauvegarde de l’avenir de l’Algérie. Il imprima dans le même temps à la Centrale syndicale une stratégie de lutte revendicative rendue d’autant plus nécessaire que les pouvoirs publics se préparaient à conclure au milieu des années 90, les fameux accords d’ajustement structurel avec le FMI. En tenant fermement les commandes de l’organisation, Benhamouda a incontestablement redonné du souffle au syndicalisme algérien dont il voulait consacrer l’indépendance par rapport à tous les pouvoirs. Lorsque les circonstances l’exigeaient, A. Benhamouda adoptait un ton tranchant et sans réplique qui traduisait surtout la puissance de son charisme et de ses convictions. Il considérait non sans raison que l’UGTA était la seule force organisée après l’armée et il a démontré que cette organisation pouvait réagir avec force et qu’elle pouvait administrer la preuve de sa puissance et de sa détermination pour protéger la situation sociale des travailleurs. Sa mort brutale a été ressentie comme une immense perte non seulement pour le mouvement syndical algérien mais également par l’ensemble du mouvement syndical international qui lui a rendu un hommage unanime et à la mesure de ses immenses qualités humaines et du courage dont il a fait preuve durant sa courte existence. A. Benhamouda a rejoint les rangs des milliers de martyrs de la démocratie : syndicalistes, enseignants, journalistes, militants de partis politiques ou simples citoyens aspirant à vivre libres, dans un pays ouvert sur le monde.

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